Erdorin, Chroniques de l’Arbre-monde, Livre 3, chapitre 9

Erdorin, chroniques de l'Arbre-monde, Livre 3, chapitre 9
Cet article est le numéro 9 d'une série de 15 intitulée Erdorin, Livre 3

L’affichage numérique du réveil affichait une de ces heures qui n’existent pas, sauf pour les éboueurs et les voyageurs qui prennent le premier vol de la journée. Autant dire qu’en plein hiver, l’obscurité était encore à peu près totale. Dans la grande chambre de la suite, rien ne bougeait. L’environnement immédiat évoquait un chaos de coussins et d’édredons, jetés en vrac au milieu d’une pièce dont la plupart des meubles avaient par ailleurs été poussés sur le côté.

Les lunettes de Alpha One enregistraient une trace de chaleur au milieu du nid ainsi constitué, mais il était difficile à dire s’il y avait encore quelqu’un ; le froid glacial de l’extérieur rendait le calibrage des systèmes thermiques difficile. De même, la douche était utilisée, mais là encore, les volutes de vapeurs chaudes cachaient le nombre de personnes qui s’y trouvaient.

Alpha One murmura des choses peu aimables envers les Eyldar, son co le rappela à l’ordre immédiatement :

— Si tu as quelque chose à dire, parle fort et clair.

— Echos dans la chambre et dans la salle de bain, nombre indéterminé.

— Bien reçu. Entamez l’opération !

— Bien reçu. En avant !

Alpha Quatre hocha la tête et, de son communicateur, lança l’ouverture de la porte-fenêtre. Le commando pénétra dans la suite, prudemment, armes à la main. Trois silhouettes avancèrent vers le nid, leurs fusils courts pointés vers le tas de coussins, deux autres se dirigèrent vers la salle de bain ; Alpha Cinq sortit une grenade à concussion. Alpha One resta vers la porte, pour couvrir l’issue.

— Alors, demanda-t-il, elles sont dans les coussins ?

— Je ne sais pas, je regarde…

— Qu’est-ce qui se passe, ici ?

La porte de la salle de main s’était ouverte, provoquant un début de panique chez les deux commandos qui se préparaient à grenader la pièce. Un grand Eylda blond, dans le plus simple appareil, en était sorti et regardait la scène avec un mélange de surprise et d’incrédulité.

Les trois combattants du tas de coussin se retournèrent et, comme un seul homme, ils tirèrent un coup de neutralisateur sur l’Eylda, qui eut le temps d’émettre un petit cri de surprise avant de s’effondrer.

— Ah ben merde, c’est quoi, ça ?

— Un Eylda.

— Merci Capitaine Évidence ! Mais qu’est-ce qu’il fout là ? C’est pas notre cible.

— Ben clairement, non. C’est un Eylda.

— Alors elles sont où, les ci–

La phrase d’Alpha Trois fut brutalement interrompue par un fauteuil volant, un modèle à base de plastique rigide sur un socle et un pied métallique, qui devait bien peser ses vingt kilos, propulsé par un Rowaan très énervé.

L’impact déséquilibra également Alpha Cinq, qui lâcha de surprise l’objet qu’il avait en main. Le reste de l’équipe vit débouler une forme humanoïde massive lancée à grande vitesse, qui embarqua deux autres commandos dans son élan, les emmenant faire connaissance avec le mur du fond de la pièce, en passant par le tas de coussins, ce qui n’améliora pas la stabilité générale du groupe.

Dans le même temps, le couvercle du jacuzzi et les coussins qui étaient dessus s’envolèrent sous l’impulsion de Kyoshi et Daeithil, qui surgirent de l’eau, l’épée à la main – Kyoshi avait récupéré un sabre court de style japonais, un wakizachi.

Elles avaient pour elles l’effet de surprise et une compétence non nulle en combat rapproché, mais en face, les deux derniers commandos n’étaient pas non plus des perdreaux de l’année et, de plus bénéficiaient d’un équipement supérieur – notamment une protection plus efficace que des gouttelettes d’eau chaude.

Arko avait fort à faire avec ses trois partenaires de danse, mais il n’hésita pas à leur faire tomber dessus le cadre du lit, puis d’empoigner le gros lampadaire pour leur taper dessus. À défaut d’être terminée ou même confortable, la situation était raisonnablement sous contrôle. Il ne pouvait par contre pas faire grand-chose pour assister les filles.

Celles-ci virevoltaient face à des adversaires dont l’entraînement et l’équipement faisait à peine jeu égal avec leurs propres compétences, surtout augmentées par l’usage intensif d’Arcanes.

C’est à ce moment que la grenade à concussion lâchée par Alpha Cinq se déclencha.

Texte: Alias – Licence: Creative Commons, partage dans les mêmes conditions (CC-BY-SA)

Illustration: Psychée – Illustration originale visible sur son blog

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