Cultures terriennes

De Tivipédia
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Contrairement à ce qu’ont pu asséner des générations de pseudo-scientifiques, que même moi j’aurais honte de sortir des théories pareilles, la génétique ne fait pas la culture. Surtout en ce qui concerne le maïs, mais passons. Comme vous vous en êtes probablement aperçus tous seuls, il n’existe pas de culture terrienne uniforme. Déjà qu’on va devoir généraliser en trois ou quatre cultures bien larges, si on doit se plonger dans le détail, on va se noyer.

Toute tentative d’établissement de règles générales sur les mécanismes du comportement humain s’est soldée par d’innombrables dépressions nerveuses, quelques suicides et un mal de tête généralisé. Autant dire donc qu’on patauge toujours dans le yaourt. On peut néanmoins tirer quelques traits généraux : instinct grégaire, désir de conformité à une norme sociale, adaptabilité remarquable. Sens de l’humour tordu, aussi.

On notera que, dans beaucoup de groupes sociaux terriens, les mutations sont très mal perçues par le reste de la population : le « mutant » sera considéré comme Marqué par le Diable (M le Mutant), moqué, voire ostracisé. Les Terriens, dans leur ensemble, ont une fâcheuse tendance au racisme (ça vient souvent avec l’instinct grégaire) ; heureusement, c’est une tendance qui va en s’amenuisant.

Les Alphans[modifier]

Techniquement, il n’existe pas de culture alphanne, et ce pour une raison simple : il n’existe aucune communauté composée exclusivement d’Alphans. Les Alphans vivent au sein de la population humaine et en suivent plus ou moins les mêmes règles, à quelques différences près.

L’Alphan est, de base, un paranoïaque qui vit dans un monde hostile. En général, les Alphans font tout pour ne pas se faire remarquer : cheveux teints, profil bas, discrétion élevée et vitesse de course impressionnante... À part dans certains coins (Copacabana, par exemple), ils s’arrangent pour ne pas utiliser leurs pouvoirs ostensiblement, sauf en cas de légitime défense.

En général, l’Alphan est urbain. Pas forcément dans le sens « poli », mais plutôt dans celui de « citadin ». La plupart des Alphans sont des enfants des rues, qui ont appris à vivre et à survivre dans le cœur de la Cité (comme c’est beau : on dirait du Bon Jovi). De ce fait, ceux qui sont encore là pour en parler ont adopté une philosophie du style « vivre et laisser vivre » ; ils n’aiment pas tuer les gens.

Les Rowaans[modifier]

Les Rowaans sont des créatures paradoxales. Pour commencer, ils sont naturellement sociables – entre eux. Ils ont dans leur ensemble tendance à manifester une méfiance a priori envers les autres races et espèces de la Sphère. Mais ils sont cependant sensibles aux démonstrations racistes, tant envers leurs personnes qu’autrui. Il y a souvent dans cette attitude une tendance romantique à la Fraternité des Peuples Opprimés.

À cela s’ajoute une solidarité avec les autres Rowaans et/ou pilotes, un peu comme la solidarité entre motards, assorti d’un esprit de compétition / domination (ça fonctionne avec les deux sexes, d’ailleurs). On dit souvent que plus de Rowaans se tuent à la suite de paris stupides qu’au combat. De plus, ils ont très mauvais caractère – et souvent un armement personnel que l’on trouve plus volontiers en tourelle d’un char d’assaut ; il est donc déconseillé de les appeler « Frolic » ou « Médor ».

Les Rowaans adorent les véhicules en général, et les véhicules volants en particulier. S’ils n’en ont pas, ils récupèrent une vieille épave, qu’ils retapent à leurs heures perdues. Personne ne sait réellement d’où vient cette passion, voire cet instinct – peut-être un généticien qui avait trop lu Buck Danny ?

La structure sociale de base des Rowaans n’est pas la famille, mais le groupe. Un groupe se définit par un ensemble de personnes travaillant sur un même site ou sur un même projet. Les enfants sont élevés par l’ensemble du groupe, leurs parents ne s’y attachant pas au delà d’une dizaine d’années. Un Rowaan solitaire et indépendant est une exception, une anomalie ; il y aura presque toujours une attache, quelque part, avec le RPF ou avec d’autres Rowaans.

Les Américains[modifier]

Vers la fin du XXe siècle, les Américains se croyaient les maîtres du monde ; quelques années plus tard, ils se crurent seuls au monde. Il découle de ces circonstances historiques particulières que les Américains ont développé une culture particulière.

Il y a l’impression confuse que l’Amérique éternelle est toujours une superpuissance ; seulement, après quelques sécessions et récessions, le Rêve américain ressemble à une pissotière mal repeinte. Les années d’isolation entraînent un certain conservatisme et des relations quelque peu conflictuelles avec le reste de la Sphère. Alors on cherche des raisons au déclin : légendes urbaines et conspirations.

Pour ne rien arranger, c’est une nation où la violence est omniprésente et culturellement assimilée : on va au boulot dans une voiture blindée et, le jour de ses quinze ans, on reçoit sa première arme automatique. Ceci expliquant peut-être cela, c’est aussi une nation où le réel pouvoir est plus souvent détenu, soit par des mégacorporations, soit par des entités étatiques de très petite taille (voire par des groupes criminels, mais la différence n’est pas toujours frappante).

Les Européens[modifier]

L’Europe est un patchwork, un gros. D’une part, il y a l’Europe métropolitaine, qui inclut des cultures aussi diverses que l’Angleterre communiste, les Satanistes parisiens, les Soviets, les Allemands et les Méditerranéens. D’autre part, il y a les colonies d’outre-Sol, qui ressemblent à un croisement sauvage entre l’Amérique des pionniers et la campagne, façon plouc.

L’Europe est très fière de son côté « centre culturel du monde », beaucoup moins de son look « ruine majeure », dû aux guerres mondiales passées (mais pas encore tout à fait réparées). Qui plus est, l’Européen moyen cultive l’art paradoxal du compromis et de la neutralité, à côté d’un fond de commerce nationaliste. On est souvent de son canton avant d’être européen, voire même de telle ou telle province. Mais on reste européen : la Confédération a, au fil des siècles, montré son utilité et les Européens ont, au final, beaucoup plus de points communs que de divergences.

La Fédération des hautes-terres[modifier]

Les Highlanders ont une notion très marquée d’appartenance. Ils ont bien plus conscience d’appartenir à une entité génétique unie que l’Humain de base, et sont donc plus facilement solidaires, même envers un parfait inconnu. De plus, ils vivent dans une société hiérarchisée, ce qui déteint sur leur comportement : le Highlander moyen est naturellement respectueux d’une autorité supérieure reconnue.

La culture highlander est très jeune. Certains disent même que c’est un oxymoron. La Fédération des hautes-terres a joué très fort dans le registre « du passé faisons table rase ». Beaucoup de langues natives ont été, sinon interdites, du moins officiellement abandonnées au profit de quelques grandes langues communes, les religions ont été systématiquement poussées hors de la sphère publique.

En fait, plus qu’une culture, les Highlanders ont surtout un endoctrinement et beaucoup de slogans. La culture highlander insiste sur des concepts tels que : la famille et la pureté génétique, le respect de la société et le sacrifice de soi pour le bien commun, la grandeur de la race humaine (sous-entendu : highlander), l’héroïsme et la grandeur militaire, etc. – mais avec des majuscules, dont je vous fais grâce. Le concept de « citoyenneté » regroupe tous ces slogans : tout résidant de la Fédération des hautes-terres aspire à devenir un citoyen modèle. Cette citoyenneté est vécue comme une doctrine politique et une religion.

Bien évidemment, un tel modèle ne plaît pas à tout le mode : il y a des dissidents, qui refusent tout ou partie de cette civilisation. Certains quittent le pays ; la position officielle sur ces exilés est « bon débarras ! ».

Les Soviets[modifier]

Présente dans l’est européen, l’ouest nord-américain et un peu aussi en Fédération des hautes-terres, la culture soviétique est un reliquat du XXe siècle adapté tant bien que mal à la civilisation interplanétaire.

Les Soviets mêlent avec plus ou moins de bonheur les restes de l’utopie lénino-marxiste, le collectivisme à la mode URSS et son folklore militaro-productiviste, la tendance à la débrouille, aux bricolages suspects et aux budgets de bouts de ficelle. Se rajoutent à cela leur tendance à résister à presque tout, une adoption très particulière des lois du capitalisme et le côté désespéré (et désespérant) de l’âme slave.

Même s’il existe quelques notables différences, les Eurosoviets et les Sovies américains partagent ces particularismes et forment une culture relativement à part.

Copacabana[modifier]

Chiure de mouche sur la carte de la Terre, atome nain d’hydrogène anémique sur celle de la Sphère, Copacabana a néanmoins un impact culturel significatif. Principalement parce que c’est une des rares cités terriennes où on trouve à peu près tous les peuples de la Sphère, et que ce petit monde parvient à vivre ensemble et en bonne intelligence. Copacabana est une culture de mélange, de mixité et de métissage, fondée sur de multiples influences et la notion de respect mutuel.

Le Copacajun est du genre cool, limite nonchalant. Il accepte en général tout et n’importe quoi comme étant normal, genre, « j’en ai vu d’autres ». Et c’est vrai qu’il aura probablement déjà vu bon nombre d’extra-terrestres, constaté de visu la réalité des pouvoirs extra-sensoriels, sans même parler d’expériences métaphysiques majeures, tel un match de futebol dans le stade de Maracaña.

Les autres cultures terriennes[modifier]

Officiellement, la Fédération des hautes-terres regroupe d’une couverture culturelle uniforme trois continents. Dans la pratique, il y a de sérieux restes : le Moyen-Orient, par exemple, manifeste une forte culture inspirée de l’Islam impérial : la culture musulmane a dominé une grande partie de la planète pendant plus d’un demi-siècle.

En Asie, à peu près toutes les cultures locales se sont mélangées, avec par-dessus des influences étrangères. Cela arrangerait bien les affaires des Highlanders si cette culture, mélangeant confucianisme, maoïsme et kitsch, n’avait pas tendance à leur faire concurrence.

L’Amérique du sud est aussi un coin à problèmes. Seules les côtes urbanisées sont à peu près sous contrôle, des espaces entiers de l’intérieur des terres maintiennent une autonomie de fait. Les peuples indigènes, traditionnellement ancrés dans des coins inaccessibles, forment le plus gros de cette contre-culture.

Même chose en Afrique, en pire. Là encore, les cultures africaines pré-highlanders donnent beaucoup de fil à retordre au gouvernement. Plus encore que les régions d’obédience soviétique, l’Afrique est le royaume du système D, du clientélisme familial et des traditions ancestrales.

Enfin, Israël est un cas spécial. Les trois religions qui composent Israël à parts quasi-égales ont arrêté voilà plus de deux siècles à se taper dessus. Il était temps. Depuis, la culture israélienne reste hétérogène et paranoïaque. Mais cette crainte est plutôt tournée vers les deux puissants voisins du petit État. D’où une neutralité défensive.