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Erdorin, Chroniques de l’Arbre-monde, Livre 5, chapitre 8

Erdorin, Chroniques de l’Arbre-monde, Livre 5, chapitre 8

Cet article est le numéro 8 d'une série de 10 intitulée Erdorin, Livre 5

Meriel était épuisée. Elle était aussi couverte de poussière et d’autres choses pas racontables, percluses de crampes et affligée par un mal de crâne dantesque. Suite à une rencontre imprévue avec une famille de gros rongeurs, qui avaient élu domicile dans une des gaines techniques, il ne lui restait plus qu’une demi-batterie de neutralisateur. Elle était au bord de la panique, mais seulement parce que ça allait mieux.

Par chance, elle était aussi à deux pas de son point de rendez-vous avec Kyoshi et Arko. Elle ouvrit la trappe qui menait dans un local technique, lequel, vu de l’extérieur, ressemblait à s’y méprendre aux bergeries qui parsemaient le paysage alentours, avec ses collines douces.

Elle prit quelques instants pour calmer ses nerfs et envoya un message simple de son communicateur : « J’y suis. »

La réponse, tout aussi brève, lui revint après quelques longues secondes. « On arrive ».

Meriel laissa s’échapper un soupir qui se termina en sanglots.

***

— Aha !

— Des nouvelles ?

— Ouaip ! Elle a allumé son communicateur. Elle est à…

« Kyoshi » regarda la carte holographique et fronça les sourcils. Une dizaine de kilomètres. C’était à la fois pas loin et pas près non plus, surtout à pied. La couronne d’Alenia faisait plus de six cents kilomètres de long et les transports étaient assez rares.

Elle regarda autour d’elle. Avec « Arko » et leur peloton d’une vingtaine de vrais-faux touristes discrètement surarmés, ils faisaient assez peu couleur locale, même s’ils s’étaient rassemblés dans un village au style amérindien. Enfin, « amérindien »… elle qui avait grandi à côté d’un territoire Native, elle avait du mal à reconnaître autre chose qu’un piège à touristes dans l’environnement local. Un tel kitsch aurait été considéré aux USA comme de l’appropriation culturelle du plus mauvais goût.

Son regard se posa cependant sur un panneau et elle lâcha un sourire qui inquiéta son compère rowaan.

— Quoi ?

— Tu sais monter ?

— Ouais, à moto. Mais y’a pas de…

Son regard suivit celui de « Kyoshi » et il lâcha un « oh » quelque peu dépité.

***

Lorsque Kyoshi vit Meriel sortir du petit bâtiment en pierre, couverte de poussière, elle vit sur son visage du soulagement et de la surprise en succession rapide. Elle ouvrit la porte et lui lança :

— Allez, embarque, on a encore un bon quart de la couronne avant de retrouver Daeithil.

— C’est… c’est quoi ce truc ?

Contre toute attente, elle ne pointait pas du doigt sa propre tenue, mais le véhicule.

— Tu n’as jamais vu de diligence ?

L’eylwen secoua la tête en silence. L’engin ressemblait à ces véhicules à roues terriens, mais tout en bois. Devant, assis sur un banc, Arko et un autre humain, habillé comme les eyldardani locaux ; ce dernier tenait en main quelque chose qui ressemblait à des brides, mais sans bêtes de somme. Meriel conclut qu’il devait s’agir d’une sorte de chariot prévu pour le transport de passagers.

En plus des trois précités, une demi-douzaine de jeunes gens occupaient la cabine et le toit de la « diligence ». Certains d’entre eux étaient nonchalamment équipés de carabines de chasse, ce qui n’était pas forcément très légal, mais si ça se trouve, ils devaient avoir une dérogation clanique, ou quelque chose comme ça.

Elle finit par se reprendre, attrapa la main tendue de Kyoshi et monta à bord. La suspension manqua de la propulser par l’autre porte de la cabine, qui était heureusement fermée. Elle finit par s’asseoir au milieu des sourires amusés ; pour la première fois depuis longtemps, elle se prit à sourire en regardant la Terrienne.

— Je n’ai pas l’habitude de te voir avec ce genre de tenue.

— Ouais, bon, j’ai pris ce qu’il y avait, répondit-elle avec mauvaise humeur.

La diligence venait démarrer, propulsée sans doute par un moteur électrique d’appoint dont le bourdonnement était noyé par les grincements de la carcasse en bois. Meriel perçut autour d’elles une expression tourner en boucle, au milieu de quelques rires discrets. Kyoshi étant visiblement un peu mal à l’aise, elle choisit de lui poser la question par télépathie :

**Que disent-ils ?**

**Rien, c’est une allusion à un truc terrien.**

**Lequel ?**

**Le Petit chaperon rouge, un vieux conte avec une enfant habillée en rouge et un grand méchant loup. Du coup, quand ils m’ont vu débarquer avec des fringues rouges pour gosse avec un rowaan…**

Meriel eut beaucoup de difficultés à ne pas ajouter son propre rire à l’hilarité générale. Elle tenta un contrefeu :

— Et ce véhicule, cette… diligence ? C’est quoi exactement ?

— Un truc pour touristes ; ça fait partie d’une sorte de parc d’amusements à thème « Ouest sauvage ».

— Un truc terrien ?

— Oui, enfin, c’est assez compliqué. C’est plus de la Légende, une période pas très reluisante de l’histoire des États-Unis faite d’invasions et de génocide, mais qui a été figée dans une image idéalisée.

Meriel, qui ne connaissait des USA que la détestable tendance de ses ressortissants à se balader avec des armes de guerre, hocha la tête. Un des jeunes eyldardani, assis à côté de Kyoshi, reprit la conversation au vol :

— Ce qui est ironique, c’est que c’est notre peuple qui en a été victime. Les colons nous considéraient comme des sauvages. Mais ici, sur Alenia, on en a fait une attraction touristique en jouant subtilement sur les rôles. Par exemple, on a une animation où des colons hors-la-loi attaquent cette diligence et les passagers sont sauvés par les « sauvages ».

Pour l’eylwen, l’idée était passablement absurde, mais elle avait du mal avec la culture terrienne en général. Elle essayait de se faire à ce concept, lorsqu’un cri se fit entendre :

— La diligence est attaquée !

***

Cela faisait plusieurs heures que Daeithil était prise dans les préparatifs du clan Lintar et tout ce qu’elle aurait pu contribuer se résumait en deux mots : mauvaise idée. Le clan avait décidé profiter d’une de ses grandes fêtes périodiques, qui servaient à célébrer tout aussi bien des naissances, des décès, des nouvelles alliances ou la signature de contrats commerciaux, pour organiser l’entrevue entre Galadril et Anoldë.

C’était une idée très eyldarin : noyer une réunion importante au milieu de douzaines d’autres mineures. Mais Daeithil voyait surtout arriver un cauchemar logistique et sécuritaire : déjà, des dizaines de personnes avaient convergé vers le domaine et rares étaient ceux qui pouvaient dire à coup sûr qui était invité et qui était un parasite, venu se greffer. Et, à vrai dire, tout le monde semblait s’en moquer – à part elle et les Ombres.

Et Galadril était censée arriver dans quelques heures.

— Je peux déranger un instant ?, demanda Weyran.

— J’arrive, répondit-elle en se retenant très fort pour ne pas lâcher un « OUI ! » très enthousiaste, mais fort peu diplomate.

Les deux s’éloignèrent de quelques mètres, montant de quelques mètres dans la structure du bâtiment principal vers une pièce à l’écart et calme.

— La bonne nouvelle, d’abord…

Daeithil se mordit les lèvres et Weyran eut un sourire désolé. Il continua.

— Arko et Kyoshi ont fait jonction avec Meriel. Elle est éprouvée, mais indemne.

— Mais…

— Mais il y a un groupe de gens armés qui les poursuivent.

— Tu as prévenu la milice ?

— C’est compliqué, répondit Weyran avec une grimace. Meriel pense qu’il y des personnes qui nous sont hostiles dans la milice de la station. Eithar a contacté les milices, euh… le terme est « tribales », je crois. C’est un secteur qui est contrôlé par les eyldardani, des clans originaires de la Terre et qui ont un statut d’autonomie sur la Couronne. Bref, ils sont sur le coup, mais ils ne peuvent pas arriver avant un moment.

— Mais tu as une autre option ?

— Peut-être. Mais il va falloir convaincre nos hôtes de leur emprunter un de leurs précieux véhicules antigrav.

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